Partager l'article ! Quel politique reviendra sur la réforme de la retraite de Sarkozy?: L’arnaque généralisée de la réforme des retraites. ...
L’arnaque généralisée de la réforme des retraites.
La réforme de la retraite s’inscrit parfaitement dans le processus dit de la « grenouille chauffée » (http://fils-de-plebe.over-blog.com/article-le-conte-de-la-grenouille-chauffee-ne-soyons-pas-la-grenouille-64039652.html) métaphore éloquente écrite par Olivier Clerc (http://www.olivierclerc.com/welcome/index.php?accueil=1), nous allons vous en faire ici la démonstration.
Le régime des retraites en France est le résultat d’une longue histoire qu’il nous faut rappeler pour éclairer nos propos.
Une loi du 2 juin 1850 crée une Caisse nationale de retraite dont les fonds sont constitués de versements volontaires et dont la rente est garantie par l’Etat. Les bénéficiaires sont surtout issus de la petite bourgeoisie, les ouvriers n’ayant pas suffisamment de revenus. Une loi du 9 juin 1853 établit une pension de retraite pour les fonctionnaires civils de l’Etat. Une autre loi en 1910 aménage le système « des retraites ouvrières et paysannes » dès l’âge de 65 ans et qui sera ramené à 60 ans en 1912.
Le principe de répartition a été établi qu’en 1941 et repris par des ordonnances de 1945 dont sont issues la sécurité sociale et la branche vieillesse.
Projetons nous dans la France de 1945, le développement démographique est fort, commence le fameux « baby boom ». L’activité qu’elle soit primaire, secondaire ou tertiaire s’appuie sur de la main d’œuvre, même dans les usines où l’automatisation commence à voir le jour, le nombre d’ouvriers organisés selon les principes du taylorisme est important. Le PIB était de l’ordre de 13 milliards d’euros, il a approché en 2010 les 2 000 milliards d’euros (Source INSEE) soit 150 fois le PIB de 1945.
Le principe de la retraite à répartition s’établissait donc, lors de la proclamation des ordonnances de 1945, sur une assiette de revenus nationaux 150 fois moins importante qu’en 2010.
Le PIB était essentiellement issu du travail des hommes et des femmes employés dans tous les secteurs d’activité.
Au début des années cinquante la population active était constituée de 20 millions d’individus, sur les mêmes bases de calcul, elle est de nos jour de 26 millions soit une augmentation de 1,3.
Comparons les deux chiffres un PIB qui a augmenté de 150 pour une population de 1,3 soit un rapport de deux ordres de grandeur (1 à 100).
D’où provient le PIB aujourd’hui ? La rentabilité est assurée essentiellement par des machines, de l’informatisation, de l’automatisation, rares sont les professions qui échappent à ce phénomène.
De facto, le régime de retraite imaginé lors d’une période où le travail était assuré par des hommes ne peut plus fonctionner alors que l’on réduit leur nombre, par voie de conséquence le nombre de cotisants. Pourtant la richesse de la France elle, a augmenté pendant toute la période de l’après guerre.
Bien sur que le nombre des inactifs par rapport aux actifs augmentent, la population française métropolitaine en 1945 était évaluée à 40 millions en 2010 elle de l’ordre de 65 millions. C'est-à-dire qu’en 1945, il y avait 1 actif pour 2 inactifs alors qu’en 2010, il est comptabilisé 1 actif pour 2,6 inactifs.
Le ratio actif/inactif n’est en aucune mesure en relation avec le ratio du PIB aux mêmes dates.
Revenons à la métaphore de la grenouille chauffée.
A partir des années 1970, le discours récurrent fut de dénoncer le coût de la main d’œuvre. Il était indiqué que cette main d’œuvre assortie de charges sociales importantes (couvertures maladie, retraites, etc.) n’était pas compatible avec la compétitivité internationale. Il fallait, par la culpabilisation des ouvriers et des employés qui réclamaient la part du gâteau que l’économiste Jean Fourastié avait qualifié de « Trente Glorieuses », désamorcer les revendications et les grèves, en les divisant. L’automatisation à outrance est née, surtout celle qui permettait de supprimer des positions de travail. Elle assurait une rentabilité jamais contredite par des mouvements d’humeur ou de revendication, une machine n’a pas d’âme ! Afin d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre, c’était à celui qui s’esbaudirait le plus, dans tous les supports médiatiques qu’ils soient internes à l’entreprise ou à destination du grand public, sur les progrès technologiques qui faisaient de nous français, une grande nation. Une automatisation qui était présentée come créatrice d’emploi –il fallait bien fabriquer ces machines !- alors qu’en vérité l’automatisation elle-même touchait la fabrication des automates.
Chacun était mûr pour accepter cette évolution sociétale sans être regardant sur les conséquences. La technique des petits pas, de l’eau chauffée doucement, était en marche, lorsque l’humanité se réveillera, il sera trop tard. Les hommes aux cigares de la finance seront tous installés dans des iles paradisiaques couchés sur un matelas de billets de banque.
En parallèle de cette automatisation dont le discours a été accepté par tous, politiques, scientifiques (valorisés par la mise en œuvre de certaines de leurs recherches), responsables syndicaux, hommes et femmes de la plèbe, le système social n’a pas été revu sur la nouvelle base de la production de richesse. Tout au contraire, depuis la fin du vingtième siècle, une entreprise de conditionnement moral a été engagée. A chacun son petit couplet sur l’évolution de la démographie en France et du vieillissement de la population, de l’impact de l’arrivée à l’âge de la retraite des grands-parents nés du baby boom dont entre parenthèse bénéficient actuellement les générations actuelles, de la mondialisation et de l’impact des charges sociales sur la compétitivité unique responsable des délocalisations (il fallait entendre : donc du chômage et de la perte de votre emploi). En quelque sorte, plus on paiera de retraite, moins on aura de travail sur le sol français et par transitivité en Europe. En faisant craindre à chacun un impact immédiat de ses conditions de vie, on met en condition pour accepter tout type de réforme, alors que la réalité est tout autre et que les solutions pourraient être totalement différentes.
La réalité est que des organes puissants de la finance, lorgnent sur la manne que représenterait un changement de régime de retraite, un nouveau régime construit sur la capitalisation tel les fonds de pension américains par exemple sans faire de faux procès d’intention. La réalité est aussi une volonté farouche des patrons et surtout des actionnaires à repousser les charges et des taxes qu’ils ont réussi à inhiber par l’automatisation.
Alors que si le gain de productivité, issu du remplacement des positions de travail par des programmes informatiques et des automates de toute nature exclus de toutes charges sociales, avait été converti en de nouvelles taxes, la couverture santé et la retraite ne seraient pas en déficit.
Qu’apporte au public le déploiement des automates bancaires qui au fil du temps ont remplacé les guichetiers et feront perdre à terme l’identité même de la banque dont le terme désigne ce guichet qui mettait en relation le client et l’organisme ? Qu’apporte aux chalands la mise en place de caisses automatiques dans les grandes surfaces ? Qu’apporte aux voyageurs, ces tourniquets et autres barrières automatiques qui ne s’ouvrent qu’avec le sésame mais souvent détourné par les fraudeurs ? Qu’apporte à l’automobiliste la pompe ou le péage d’autoroute, automatiques ? Les exemples sont légions, l’énumération en serait longue et fastidieuse.
Ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois qui ont disparu en grande partie non remplacés par ceux qui interviennent pour les fabriquer ou les entretenir pour cause de délocalisation (usine de fabrication, ingénierie électronique, informatique, etc.). Ce sont en conséquence des centaines de milliers de cotisants qui ne cotisent plus.
Taxons les automates.
Ceci aurait deux effets. Le premier serait d’obtenir de nouvelles recettes et d’éviter une réforme des retraites, injuste et en totale discordance avec les raisons qui font que le régime capote. Comme nous venons de le démontrer, ce n’est pas le vieillissement qui est la cause du déséquilibre des caisses du régime de retraite mais le fait que le nombre de cotisants diminuent par l’augmentation de la productivité liée à l’automatisation. Le transfert de charge est totalement justifié.
Le second serait de donner une alternative réelle à un décideur d’une entreprise lorsqu’il doit satisfaire aux exigences du développement de ses activités. Elle se définirait ainsi : j’embauche ou j’acquiers un automate. Si les taxes versées pour l’automate sont calculées selon les mêmes critères que celle d’un emploi qualifié, son choix pourra s’orienter en faveur de l’embauche. Pour éviter toute dérive, il est possible d’imaginer une instance de validation d’un projet d’automatisation où siègeraient, des représentants de l’administration, des chefs d’entreprise, des économistes ou financiers ainsi que des représentants du personnel.
La réforme des retraites qui aujourd’hui ne favorise que les établissements financiers, les politiques sous la pression des lobbys constitués des banques, des assurances, des établissements boursiers, des industriels, des entreprises de génie logiciel pourra revenir vers son véritable objectif, assurer une seconde trajectoire heureuse à ceux qui ont travaillé.
Ceci n’est pas utopique, la démarche peut être mise en œuvre par une réelle volonté politique, cependant nous ne voyons pas dans les programmes de ceux qui se proposent aux électeurs, une réelle volonté de changement et d’aspiration à sortir de cette pensée dominante qu’ils ont aussi adoptée à l’instar de la grenouille qui accepte de se faire bouillir.
Qui fera sortir la grenouille de la casserole ? Je, nous, sommes prêt à le choisir aux prochaines élections.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||