Partager l'article ! Les vols de la dignité.: A Noël, le Président Sarkozy montre l’exemple en se faisant inviter au Maroc dans une propriété luxueuse. ...
A Noël, le Président Sarkozy montre l’exemple en se faisant inviter au Maroc dans une propriété luxueuse.
Madame Alliot-Marie au même moment en Tunisie se fait transporter gratuitement dans le jet privé d’un édile et homme d’affaire local.
Monsieur le Premier Ministre , Monsieur Fillon, profite de cette période de festivités pour se rendre en Egypte et de profiter de l’invitation du Président égyptien, il se loge, musarde, voyage avec toute sa famille aux frais de la Princesse (Oh pardon, des Pharaons !).
Ce ne sont que les seuls faits actuellement dévoilés, mais ne nous leurrons pas, la pratique est courante et personne ne sera surpris d’apprendre dans quelques jours, qu’un autre Ministre, Secrétaire d’Etat ou autre dirigeant d’une grande Institution ait bénéficié des faveurs d’un généreux donateur.
Ceci est condamnable en soi. Pourquoi ?
Pour de nombreuses raisons parmi lesquelles celles énoncées ci-dessous :
- un dirigeant doit être irréprochable dans ses actes, dans ses propos, par son comportement. Sinon, cela conduit au réflexe populiste de rejet des institutions et des hommes qui les dirigent. Le « tous pourris » est légitimé. Ceci explique aussi le non-respect des règles fondamentales des relations humaines, des lois et des règlements par une part grandissante de la population. Cela conduit à l’incivilité, au vandalisme et à la criminalité. Chacun à sa manière peut justifier ses actes en déclarant que « la haut », ils n’ont pas de leçon à donner.
- le sentiment d’injustice de constater d’une part, que se constitue une oligarchie coupée des réalités de la majorité des citoyens et d’autre part, que ce groupe profite par sa position dominante d’avantages inconsidérés. Cette perception est d’autant plus aggravée par le fait que certains sont prêts à tourner la veste pour obtenir un marocain ministériel, faisant dire familièrement « la soupe doit être bonne ».
- l’impartialité que chaque citoyen est en droit d’attendre d’un Président, d’un Ministre ou d’un Secrétaire d’Etat pour mener une politique dans l’intérêt général est mis à mal. Actuellement, on constate que ce sont les groupes de pression (surtout économiques) qui dirigent. Le lobbying est aujourd’hui un outil de gouvernance. Or, être de facto l’obligé de celui qui vous a invité et fait bénéficier gratuitement de faveurs, incite, même inconsciemment, à plus de tolérance ou à tendre l’oreille de façon bienveillante à ses propos et à ses doléances. L’exemple de la Tunisie, de la bienveillance du gouvernement français envers les dirigeants illustre parfaitement cette dérive. Le discours flagorneur tenu à destination du Maroc par toute la classe dirigeante est symptomatique de la retombée des largesses du Roi à destination de la lignée gouvernementale des dernières décennies.
- l’aspect financier n’est pas négligeable et est ressenti par les citoyens comme le plus important puisque chacun peut en mesurer le montant. Partir en voyage coûte cher, passer des vacances à l’étranger nécessite pour une famille un budget important. Nombreux sont ceux qui ne peuvent pas se les offrir. C’est un luxe, même partir en Tunisie, l’une des destinations la moins onéreuse actuellement, est impossible pour une part importante de la population. Personne ne conteste qu’un Président, un Ministre réside dans un palace pour ses vacances. Qui les passe à l’étranger pendant qu’il est en exercice apparaît déjà limite, surtout quand le discours officiel est de favoriser l’activité française. Mais quand ces vacances se déroulent gracieusement, c’est choquant ! D’une part, par le fait que les dirigeants perçoivent des indemnités et ont des revenus d’un niveau élevé qui ont été justifiés lorsqu’ils ont été attribués, sur l’indépendance financière qu’ils devaient avoir pour mener sans pression et sans tentation leur mission. D’autre part, par l’utilisation de fonds publics pour financer ces avantages individuels, soit ce sont les contribuables des pays hôtes qui mettent la main à la poche, soit ce sont les contribuables européens et français lorsque l’on utilise des moyens appartenant à la nation ou lorsque que par réciprocité on offre des séjours à l’hôte étranger en Europe. Dans les deux cas, c’est injustifiable auprès de la population.
Ces raisons ne sont pas les seules, mais déjà elles devraient suffire à des dirigeants, réfléchis, ayant le sens de la nation, se disant de l’élite intellectuelle à se définir une ligne de conduite irréprochable. Leur fonction suffit à motiver les critiques.
Mais loin de cela ! Lorsque l’on entend la défense de Madame Alliot-Marie, on a l’impression d’entendre celle d’un élève grondé par sa maîtresse, qui implore en indiquant qu’il ne savait qu’il n’agissait pas bien et qui jure qu’il ne recommencera pas. On attend un autre niveau d’analyse et de réflexion de la part de la soi-disant élite qui nous dirige. Comment la diplomatie française peut être crédible lorsqu’elle doit défendre des positions stratégiques ou économiques. L’exemple d’Alliot-Marie démontre en plus la faille qui existe entre la classe dirigeante et le peuple.
Par ailleurs, le Président de la République, les Ministres sont au sommet de la hiérarchie de la fonction publique. Or en droit administratif, tout fonctionnaire convaincu d’avoir bénéficier de cadeaux, de dons, d’avantages en provenance d’un tiers dans l’exercice de ses fonctions est condamnable de concussion. La concussion implique des sanctions disciplinaires qui vont du blâme avec parfois rétrogradation, diminution d’indices, perte d’années d’ancienneté jusqu’à la radiation du corps de la fonction publique. Messieurs Sarkozy, Fillon et Madame Alliot-Marie sur les bases du droit de la fonction publique dont ils sont les responsables devraient être condamnés de concussion et subir les sanctions relatives à cette condamnation. Ceci aurait le mérite de montrer que les dirigeants ne sont pas dans l’impunité. Les Ministres n’ayant pas été élus pourraient être révoqués.
Monsieur Sarkozy qui sermonne les magistrats pourrait s’appliquer à lui-même le droit administratif dont il est le garant.
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